La conception des bâtiments logistiques impacte directement la productivité, les gains économiques associés mais également les enjeux environnementaux. Mais comment dimensionner son activité logistique pour une exploitation efficiente sans artificialiser inutilement ? Et dans le cas d’une construction neuve, comment concevoir des bâtiments réellement adaptés aux besoins ? Quelles sont les erreurs à éviter dans un dimensionnement d’entrepôt ?
Face aux objectifs de zéro artificialisation nette (ZAN) et à la raréfaction du foncier disponible à la construction, les entreprises sont contraintes à repenser leur stratégie d’implantation des activités logistique pour optimiser les espaces. Mais elles y trouvent également un intérêt économique (réduction des coûts de stockage, énergétiques, de maintenance) et de performance (optimisation des flux et gain de productivité) et contribuent à l’ergonomie des activités (réduction des trajets parcourus et de la pénibilité pour les opérateurs).
Ces éléments militent pour que les entreprises s’intéressent de façon approfondie à l’optimisation de leurs flux, aux dimensionnements des bâtiments et l’organisation des implantations des moyens de stockage.
Cette phase de dimensionnement peut se décomposer en plusieurs étapes :
- Analyse des flux et du fonctionnement actuel
- Projection de l’activité future afin d’anticiper les besoins
- Déterminer des typologies de stockages et des zones dédiées si nécessaires (stockage de colis, palette, standard ou hors standard…)
- Déterminer les meilleurs modes de stockage pour chaque activités (stockage de masse, en rack, dans des systèmes automatisés…)
- Déterminer les équipements de manutention nécessaires
- Définir un ou plusieurs scénarios d’implantation
- Si construction neuve, concevoir le bâtiment à partir de l’implantation retenue
Dans la suite, nous vous listons de manière non-exhaustive les erreurs les plus récurrentes à éviter pour réussir votre projet de construction ou de réorganisation d’entrepôt.
1. Le besoin : ce qui s’identifie clairement se stocke facilement !
Dans l’estimation de vos volumes de stocks, il est important de prendre en compte l’historique des ventes et la saisonnalité des produits, mais aussi de prévoir une marge de croissance raisonnable alignée avec les objectifs de développement de l’entreprise (notamment l’évolution projetée des ventes de chaque famille de produit). Pour une prévision optimale, il est important que la logistique soit incluse dans les décisions stratégiques et qu’une communication soit établie avec les autres services de l’entreprise : commerce/marketing, finance, production.
2. Le nez au sol
Nous voyons encore régulièrement des entrepôts dans lesquels la hauteur sous le plafond n’est pas exploitée et par conséquent le stockage au sol est trop important. Ceci conduit à des problématiques de place récurrentes, mais peut aussi augmenter le risque d’accidents et d’endommagement de la marchandise provoqués par un empilage excessif ou des collisions avec des équipements de manutention. Le stockage au sol peut également avoir un impact sur la performance des opérations de picking et de préparation de commande, car l’accès direct aux produits est limité.
Pour mettre en place un stockage en hauteur efficace, il est important de bien maitriser les réglementations en vigueur liées aux hauteurs de construction du bâtiment et la hauteur autorisée des installations à l’intérieur. Le choix des équipements (racks, engin de manutention, solutions d’automatisation…) et la résistance du sol face à ces installations doivent également être étudiés.
Aujourd’hui, la densification en hauteur se traduit généralement par l’installation de mezzanines comme seconde plateforme de stockage ou l’introduction de systèmes de stockage automatisés pouvant exploiter l’espace sous le plafond. Demain, la conception de bâtiments logistiques à étages permettra de verticaliser d’avantage, à condition que les PLU soient adaptés. Tandis que ce genre de projets restent encore à la marge en France (quelques projets en région parisienne et dans l’Est de la France) et en Europe, ils sont déjà bien établis en Asie et se développent aux Etats-Unis.
3. Allée les flux !
Des allées trop étroites ou trop larges peuvent créer des congestions ou une perte d’espace. Elles doivent être adaptées aux types d’engins de manutention utilisés, aux charges transportées et à l’organisation des flux pour limiter les croisements.
Pour une meilleure densification, l’espace au-dessus des allées peut également être exploité pour le stockage. Dans ce cas, il faut également prendre en compte la hauteur de levage des engins de manutention, ainsi que la hauteur de la charge levée.

4. Il n’y a pas que les Racks dans l’entrepôt
On a tendance à se focaliser sur les espaces de stockage et ne pas prévoir assez d’espace pour la réception, la préparation de commande ou l’expédition et surtout, de ne pas penser à intégrer une zone tampon pour les pics d’activité. Il faut également prévoir les espaces annexes type bureaux, vestiaires, toilettes…
Une conception de son entrepôt par zones permet de répondre aux spécificités de chaque activité pour maximiser son efficacité et sa productivité.

5. On ne met pas des ronds dans du carré
Lors du choix des solutions de stockage, la diversité des produits et la rotation des stocks ne sont pas toujours pris en compte. Par conséquent, elles ne sont pas adaptées aux produits stockés (ex. : palettes trop lourdes, produits à forte rotation pas assez accessible…). Il est intéressant de privilégier des solutions évolutives et de s’assurer que l’activité pourra changer sans nécessiter de réorganiser tout l’entrepôt à court/moyen terme.
La classification des produits par taille et poids, croisée avec leur rotation et autres critères spécifiques (matières dangereuses, produits alimentaires…) permet de définir une implantation par groupe de produits avec des solutions de stockage adaptées, notamment robots et autres moyens mécanisés.
6. La Data ce n’est pas un accessoire
Le dimensionnement d’un entrepôt ou l’organisation d’un stock est fiable, si les données utilisées le sont. Ces données peuvent être directement liées à l’activité logistique (dimensions ou mouvements de produits), mais aussi provenir d’autres services (statistiques de ventes). La numérisation permet de générer et standardiser la donnée pour faciliter son traitement et son échange. L’automatisation, quant à elle, permet de fiabiliser la donnée.

Il existe de nombreuses solutions logicielles sur le marché tel que le WMS (Warehouse Management System) pour l’optimisation de la gestion des stocks et des solutions IoT pour la captation automatique de données.
Grâce à la numérisation, des solutions de stockage automatisé peuvent être mises en place pour pallier notamment le manque de place et de personnel ou pour un gain de productivité.
7. La règlementation n’est pas facultative
Pour éviter le blocage de son projet, il est crucial de bien maitriser la règlementation et les normes sécurité. Le non-respect peut retarder ou bloquer votre projet ou engendrer des coûts non-prévus pour la mise aux normes. Ce sont principalement la règlementation et les normes liés à l’environnement et au climat qui évoluent régulièrement. Il est donc important de se tenir informé de ces évolutions et de s’approcher des services de l’Etat en charge de faciliter et contrôler l’application de la règlementation (DREAL, DDT…). Il est toujours bon d’échanger avec les services d’incendie pour valider le projet.
8. Jouer solo
La transformation ou la construction d’un bâtiment logistique sont des projets stratégiques de développement pour l’entreprise. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils doivent être uniquement portés par la Direction. Leur succès se déterminera également par la capacité des collaborateurs à se les approprier.

L’organisation d’ateliers de travail avec les équipes et les différents métiers est un bon moyen pour comprendre le fonctionnement et les flux associés afin de configurer un entrepôt au plus près des besoins du terrain. Cette approche a aussi pour avantage d’embarquer et fédérer les équipes autour du projet. Cette implication devient cruciale quand il s’agit d’intégrer des nouveaux outils ou process qui transforment les métiers.
Un projet de construction de bâtiment neuf ou de réhabilitation est complexe et implique de nombreux interlocuteurs. Il demande de la ressource et des compétences spécifiques. Le bon dimensionnement de son activité logistique sera déterminant pour la suite du projet et justifie un accompagnement au même titre que la construction ou l’aménagement de son bâtiment.
Au PASCA, nous proposons un accompagnement de bout en bout pour vos projets de bâtiments industriels ou logistiques.
Découvrez comment le PASCA a accompagné Lyreco dans le développement de sa plateforme logistique en Mayenne.



































































































